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Conseils · Comprendre

pH et EC : les deux chiffres qui décident de votre récolte

On peut apporter le meilleur engrais du monde et que la plante n'en voie rien. Deux mesures simples expliquent la plupart de ces cas — et coûtent moins cher qu'une saison perdue.

Une serie de bechers en verre remplis d'eau, la lumiere les traversant

Il y a une situation qu'on voit revenir tous les mois : quelqu'un nourrit correctement, arrose correctement, et la plante stagne quand même. Neuf fois sur dix, la réponse n'est pas dans le sac d'engrais. Elle est dans l'eau.

Le pH : ce que la plante peut atteindre

Le pH mesure l'acidité. Il ne dit pas ce qu'il y a dans le sol — il dit ce que la plante peut y prendre.

Chaque élément nutritif a une plage d'acidité dans laquelle il reste disponible. En dehors de cette plage, il est toujours présent dans le sol, mais bloqué : chimiquement lié, hors de portée des racines. Le fer est le premier à décrocher quand le milieu devient trop basique. D'où ces feuilles jaunes à nervures vertes sur les agrumes, alors que le sol n'a aucune carence réelle.

Autrement dit : un pH mal réglé rend votre engrais invisible. Vous payez pour des éléments que la plante ne verra jamais.

L'eau du réseau n'a pas le même pH partout, et l'eau de pluie récupérée n'a pas le même pH que celle du robinet. C'est pour ça qu'un même produit peut très bien fonctionner chez un voisin et pas chez vous.

L'EC : combien il y en a déjà

L'EC — la conductivité électrique — mesure la quantité de sels dissous dans l'eau ou dans le substrat. Plus il y a d'éléments, plus le courant passe. C'est donc une jauge de « charge ».

Une EC trop basse : la plante a faim, elle stagne, elle pâlit uniformément.

Une EC trop haute : c'est l'inverse, et c'est plus grave. Le milieu devient plus concentré que l'intérieur des racines, et la plante n'arrive plus à boire — elle se déshydrate au milieu de l'eau. Ça se voit d'abord aux pointes des feuilles, qui sèchent et brunissent.

C'est le cas où rajouter aggrave. Quelqu'un voit ses feuilles marquer, pense à une carence, remet de l'engrais, et accélère le problème. Une mesure aurait dit l'inverse en dix secondes.

En pot et en coco, ce n'est pas une option

En pleine terre, le sol tamponne : il encaisse les excès et les corrige lentement. Le volume de terre travaille pour vous.

En pot, en coco ou en hydroponie, il n'y a plus de tampon. Tout ce que vous versez arrive tel quel aux racines, et les sels s'accumulent d'arrosage en arrosage. Sous notre climat, où l'on arrose souvent parce que ça sèche vite, cette accumulation va vite.

C'est là que la mesure cesse d'être un raffinement pour devenir une base.

Mesurer d'abord, corriger ensuite

Les deux appareils tiennent dans une poche et se lisent en une seconde. Le geste tient en trois temps : on mesure l'eau seule, on mesure après avoir ajouté l'engrais, et de temps en temps on mesure ce qui ressort au fond du pot. La comparaison des trois dit tout.

Un appareil se recalibre régulièrement, sans quoi il ment poliment. Et un appareil qui ment est pire que pas d'appareil, parce qu'on lui fait confiance.

Passez au magasin avec vos chiffres, ou avec votre eau dans une bouteille. On regarde ensemble : c'est souvent réglé en cinq minutes.

Cet article est d'ordre général. Il ne remplace ni l'étiquette d'un produit, ni ce qu'on vous dira au comptoir en regardant ce que vous apportez.

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