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Conseils · Protéger

Passer au bio au fenua : ce que ça veut dire, et ce que ça ne veut pas dire

« Bio » n'est pas un synonyme de « sans danger », ni de « non réglementé ». C'est une méthode, avec ses contraintes propres — et sous notre climat, elle demande plus d'anticipation qu'ailleurs.

Sol vivant en gros plan : matiere organique en decomposition, radicelles et lombric

C'est une demande qui revient de plus en plus souvent au comptoir, et elle repose presque toujours sur le même malentendu. Alors autant le dire tout de suite.

Bio ne veut pas dire sans règles

Un produit de protection utilisable en agriculture biologique reste un produit de protection des cultures. Il obéit aux mêmes règles de mise sur le marché, aux mêmes règles d'emploi, aux mêmes précautions à l'application. Certaines substances naturelles anciennes et parfaitement « bio » comptent d'ailleurs parmi les plus toxiques du rayon.

Autrement dit : passer au bio ne dispense de rien. Ni de lire l'étiquette, ni de se protéger, ni de demander conseil.

Et comme pour tout le reste : le choix se fait au magasin, pas sur cette page. Nous n'indiquons ici ni produit, ni dose, ni protocole.

Ce que le bio change vraiment : l'ordre des choses

En conduite conventionnelle, on peut se permettre de réagir : le problème apparaît, on traite. En conduite biologique, cette porte de sortie est étroite. La méthode repose sur ce qu'on a fait avant :

  • Le sol d'abord. Matière organique, structure, activité biologique. Une plante qui pousse dans un sol vivant encaisse infiniment mieux.
  • Les variétés ensuite. Choisir ce qui tient sous ce climat plutôt que se battre contre lui toute la saison.
  • Le calendrier. Conduire les cultures sensibles en saison fraîche, quand la pression est moindre, plutôt que d'essayer de tenir en pleine saison chaude.
  • L'observation. Prendre un foyer au début coûte dix fois moins que le rattraper.
  • La diversité. Des cultures mélangées, des haies, des fleurs : c'est ce qui héberge les auxiliaires, ces insectes qui travaillent gratuitement contre les ravageurs.

Le produit n'arrive qu'en dernier, et il ne rattrape pas ce qui n'a pas été fait avant.

Le biocontrôle

C'est la partie la plus intéressante, et la plus mal connue : utiliser du vivant contre du vivant. Auxiliaires prédateurs ou parasites, micro-organismes, pièges et médiateurs chimiques.

Ça marche, mais à deux conditions. Il y a d'abord à identifier précisément ce qu'on veut contrôler — un auxiliaire est spécifique, il ne fait pas tout — et à anticiper : on n'installe pas un auxiliaire sur un foyer déjà explosé.

La certification, si c'est le but

Se conduire en bio et être certifié bio sont deux choses différentes. La certification suppose un cahier des charges, une période de conversion, un organisme, des contrôles et une traçabilité.

Il existe en Polynésie une démarche de certification adaptée au contexte océanien, portée localement. Si votre objectif est de vendre sous une mention officielle, c'est vers elle qu'il faut se tourner — nous ne délivrons aucune certification, nous vendons des intrants.

Le plus honnête qu'on puisse dire

Sous notre climat, le bio demande plus de travail d'anticipation et accepte des pertes qu'une conduite conventionnelle éviterait. En échange, il construit un sol qui s'améliore au lieu de s'épuiser, et il enlève les produits les plus problématiques du jardin.

Si vous voulez y aller, commencez par le sol et par le calendrier — pas par le rayon. Et venez en parler avant la saison, pas pendant.

Cet article est d'ordre général. Il ne remplace ni l'étiquette d'un produit, ni ce qu'on vous dira au comptoir en regardant ce que vous apportez.

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Cultures concernées : Taro, Agrumes, Potager, Plantes ornementales et gazon.

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